Résumé détaillé des Fourberies de Scapin

« Les fourberies de Scapin » est une comédie type d’ell’Arte écrite et jouée pour la première fois au théâtre du Palais Royale en mai 1671. Molière avait un souci de place dans ce théâtre en rénovation qui lui imposait une création demandant un décor minimum. Il écrit donc rapidement cette comédie. Cette comédie en trois actes en prose est vivement critiquée lors de sa sortie. Molière sort cette pièce après le Tartuffe (1664),  Don Juan (1665), et le Misanthrope (1666) qui sont considérées comme des pièces de référence dès leur première représentation. Fenelon, critique et acteur de l’époque considère les caractères de la pièce bien trop exagérés. Il va même jusqu’à dire qu’ils sont ridicules et irréels. Boileau met en avant son côté populaire sans doute amené par la prose. Un succès mitigé qui devrait changer au court des représentations. Molière reconnait malgré tout, qu’il ne jouera le rôle que 18 fois.

 

Les personnages

Le personnage de Léandre a plusieurs fois été utilisé dans les comédies de Molière et notamment dans le « Médecin malgré lui ». La fourberie des personnage de Scapin et de Carle est à replacer dans un contexte d’époque. On avait souvent recourt à l’aide du valet pour déjouer des plans ou pour solutionner une désobéissance au sein d’une maison. Scapin intervient donc dans le but d’aider les enfants de la maison. Il cache, il ment, il fait des fourberie dans un but unique qui est de permettre à chacun d’épouser la personne de son choix plutôt que de céder à la demande des conventions pour une union de raison.

 

Scapin ou Scapino de la comédia d’ell’Arte est le valet de Léandre. Il a un signe de caractère que l’on nomme la fourberie.

Sylvestre est le valet d’Octave

Octave est le fils d’Argante et l’amant de Hyacinte

Léandre est le fils de Géronte et l’amant de Zerbinette

Hyacinte est la fille de Géronte et l’amante d’Octave

Zerbinette est une égyptienne reconnue comme fille d’Argante et amante de Léandre

Argante est le père d’Octave et de Zerbinette

Géronte est le père de Léandre et de Hyacinte

Nérine est la nourrice de Hyacinte

Carle est le personnage fourbe et hypocrite.

Deux porteurs

 

 

Acte I

La pièce se déroule à Naples. Scapin, valet de Léandre, est sollicité par Octave qui a choisi d’épouser Hyacinthe mais en secret sans le consentement de son père. La jeunette est orpheline. Il l’a rencontré à l’aide du hasard et l’amour les a frappé sans que la raison n’est son mot à dire. Il est totalement perdu car son père, Argante a décidé de le marier rapidement avec la fille de son ami Géronte. Malheureusement, la jeune future a disparue. Nul ne sait où elle est partie. Un autre couple vient se joindre à la fête. Léandre, le fils de Géronte, est amoureux de Zerbinette. Il n’a jamais parlé de ses sentiments à sa famille et encore moins de ses intentions d’épouser la jeune esclave égyptienne. Elle risque d’être enlevée si Léandre ne rachète pas sa liberté.

 

Scapin prend affectueusement les confidences d’Octave. Il est un domestique malin et les idées fusent lorsqu’il s’agit de servir son maître. Il reconnaît lui-même que son génie est « sans doute reçu du Ciel »… »à qui le vulgaire ignorant donne le nom de fourberies ». Un constat probable qui permet à Scapin de toujours avoir un rôle drôle et utile auprès de son seigneur. Il est donc sensible aux sentiments qui animent les deux jeunes hommes. Il est fortement dans l’attente de tester de nouvelles ruses.Il s’associe de bonne foi à  Silvestre, le valet d’Octave.

 

Dans le même temps Argante apprend avec effroi le mariage secret de son fils. Il exprime sa colère en menaçant son fils de lui soustraire son héritage. Scapin jouant son rôle avec excellence intervient pour faire croire à l’homme que son fils a décidé d’épouser cette jeune fille uniquement pour sauvegarder sa réputation. Il fût surpris tantôt dans sa ses appartements et la voie pour sauver sa réputation était de l’épouser. Mais il y a possibilité de négociation avec le frère de la belle. Il est d’accord pour une forte somme d’argent il oubliera l’affaire. Scapin demande à Sylvestre de se déguiser pour soustraire Argante à donner 200 pistoles. Le viel homme accepte après quelques menaces physiques.

 

Acte II

Scapin saute sur l’occasion pour s’attaquer à Géronte. Ce père affectueux revient de voyage. Il attend sa fille Hyacinthe pour la présenter à Octave, le fils de son cher ami, Argante. La jeune fille était élevée à Tarente en attente d’être en âge de se marier. Les deux amis de toujours se reprochent mutuellement la mauvaise éducation de leur enfant et surtout de leur fils. Scapin confie à Géronte que son fils Léandre n’a pas agit mieux en ce qui concerne son mariage. Léandre est très en colère contre Scapin dans un premier temps mais il réfléchit et le supplie de lui trouver la somme d’argent nécessaire à la libération de Zerbinette. Scapin s’oriente donc  vers Géronte pour obtenir la somme utile à Léandre. Son mensonge est de faire croire à ce père que son fils a été enlevé. Il serait retenu dans une galère turque.

Les ravisseurs, des galériens sans pitié, réclament 1500 écus pour le libérer. Le père aimant ses enfants, essaie malgré tout, d’éviter le paiement de la rançon. Il a la fameuse réplique « Que diable allait-il faire dans cette galère ? ». Il lâche finalement sa bourse d’écus à Scapin qui la lance à Léandre et à Octave. Scapin veut régler une vengeance personnelle avec Géronte. Ce dernier a fait douter Léandre de son honnêteté. Il désire dissiper le malentendu.

 

Acte III

Les deux loyaux serviteurs, Scapin et Sylvestre sont de bons conseils pour apaiser les inquiétudes de Hyacinthe et Zerbinette. Ils les aident à garder espoir pour sauver leurs amours. Il prend le temps ensuite de se venger de Géronte. Il le prévient avec malice que des hommes sont à sa recherche afin de lui réserver un mauvais sort. Ils tentent de soutenir Argante parce qu’il a essayé de casser son mariage. Il lui donne l’idée de s’enfermer dans un sac pour se cacher des gredins. Il en profite pour lui donner des coups de bâton une fois Géronte enfermé. Mais le vieil homme comprend la supercherie. Scapin doit se sauver, si il ne veut subir le courroux de Géronte. Plus tard par mégarde, Zerbinette apprend à Géronte la face qui a coûté à Géronte des écus et des coups de bâton. Géronte et Argante décident de se venger de Scapin. Ils rêvent de le faire pendre.

 

Enfin, une nouvelle miraculeuse permet à Hyacinthe d’être identifiée comme la fille de Géronte. Scapin s’en sort par un tour de magie. Zerbinette remet à Léandre un bijou qu’elle avait lors de son enlèvement en Egypte. Argante reconnait sa fille grâce à la pierre précieuse. Léandre peut l’épouser. Scapin reçoit un marteau sur la tête qui le met à l’article de la mort. Les deux vieillards lui pardonnent. Après s’être remis de ses blessures, il offre un festin pour montrer sa joie de voir l’amour triompher.